Pilotes>Article #3 du blog de Vaughn Gittin Jr

Par Vaughn Gittin Jr, le 25 juin 2008.

ATTENTION !!! Le texte suivant ne devrait pas être lu par ceux qui ont l’estomac fragile !!!

Cela fait longtemps que j’attends pour raconter publiquement cette histoire et pour partager cette préparation au monde entier. Par respect pour mes amis de Super Street et pour les lois implicites du secteur, je devais attendre que l’article sorte avant de pouvoir cracher le morceau. Pour ceux d’entre vous qui n’ont pas le numéro de juillet 2008 de Super Street, achetez-le et jetez un œil à l’histoire de ma S14 (elle se termine mieux que celle que vous allez découvrir !).

J’ai acheté cette voiture à un mec de Pennsylvanie qui l’avait lui-même achetée au propriétaire original et préparateur en Californie. Le programme initial était d’améliorer deux-trois choses, de lui mettre des jantes sympas, de lui installer un kit, de la peindre et de l’utiliser à la fois comme une caisse d’essais et de démonstration. Il s’agissait d’une S14 standard avec une face avant de S15, un modeste arceau, des freins revus, un SR20 et des amortisseurs (que du banal en somme).

J’ai retiré l’avant de S15 et ai fait repeindre l’ensemble de l’auto. Je l’ai confiée à mon magasin de Baltimore dans l’état du Maryland (http://www.ma-motorsports.com/) et nous l’avons démontée pour réaliser certaines des améliorations prévues. Nous sommes tombés d’accord sur le fait que le plan de départ n’était pas suffisant pour nous. Je n’avais donc pas d’autre choix que d’assembler la S14 que j’avais toujours rêvé d’assembler mais que je n’avais jamais pu m’offrir. Nous avons décidé de construire notre version de la S14 la plus démente que l’Amérique ait jamais vue et qui serait aussi bien capable de drifter pour des démonstrations ou en compétition, que de participer à du time attack de temps en temps.

Nous avons totalement désossé la voiture et retiré l’ancien arceau; en réalité, il aurait été préférable de partir d’une page blanche plutôt que de revoir ce qui avait déjà été fait. Bref, un véritable arceau a été installé par notre équipe chargée de la fabrication. L’auto a été entièrement soudée à l’arc et les passages de roues avant ont été revus afin de s’accommoder de l’angle de braquage majoré, en plus d’être esthétiquement cool ! Une fois le châssis terminé, direction la cabine de peinture. Ma vision d’ensemble pour cette caisse était une livrée constituée de blanc, de rouge et de bleu (l’objectif est atteint). Après avoir été peinte, la voiture commençait doucement mais sûrement à s’assembler.

Après deux années écoulées entre l’idée et l’achèvement du projet, voici le produit final. Le monstre était (oui, j’ai bien dit « était ») mû par un SR20DET 2.2 litres de chez Brian Crower développant environ 500 ch et pesait près de 1.100 kg.

Après une séance photos de Super Street un samedi (clichés par James Pickett), la voiture était prête pour sa première journée complète sur circuit. Je l’ai emmenée à Summit Point en Virginie Occidentale pour une séance d’essais de drift.

Inutile de vous dire que c’était une véritable fusée. Lorsque le turbo se déclenchait, le bruit était incroyable ! Cette journée était géniale et à la fin de celle-ci, je me suis arrêté près de la remorque et j’ai aperçu mon père.

Il faisait plutôt froid et la journée avait été assez longue. Je me suis dit « il faut que je laisse mon père ressentir le monstre que j’ai construit !! ». J’ai aussitôt proposé à mon papa, qui est un pilote de drag à l’ancienne et un collectionneur de hot rods, de la conduire en première et deuxième vitesses. Il hésita puis décida de me prendre au mot. L’équipe qui aida à la construction de l’auto et moi-même regardions avec excitation mon père se diriger vers le départ. Il passa la ligne en trombe mais se rattrapa. Il enclencha le second rapport et partit immédiatement en glisse pile en direction du mur. L’avant gauche de la voiture percuta le mur, la face avant partit en morceaux et l’arrière gauche tapa si violemment qu’elle fit un tête-à-queue, le devant entrant à nouveau en collision. Non seulement j’ai vu mon rêve de deux ans se faire broyer, j’ai aussi vu mon père servir de mannequin à l’intérieur de la caisse. J’ai couru pour m’assurer qu’il allait bien et heureusement, c’était le cas… Bon, trois côtes cassées tout de même mais plus de peur que de mal.

L’auto a été mise en pièces depuis et comme vous pouvez le voir, quelques souvenirs de celle-ci sont suspendus dans le garage. Je n’essaye pas de faire la morale mais parfois, certaines personnes oublient à quel point nous sommes fous avec ces machines que nous construisons et pilotons à 110 %. Il arrive que les choses aient l’air plus simple en apparence. Je vous en prie, tirez deux leçons de cette histoire. Peu importe le niveau de pilotage que vous pensez avoir, respectez toujours une voiture avant de l’avoir vraiment en mains. Plus important encore, assurez vous d’avoir l’équipement de sécurité adéquat quand vous assemblez une machine de dingue; un siège digne de ce nom, un harnais de qualité et un arceau correct sont assurément les éléments qui ont empêché mon père d’être sérieusement blessé !

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